Cette marquise avait, en vérité, grande tournure, à part même sa beauté sans rivale.

Il m'étonnait de plus en plus, qu'elle eût jeté son dévolu sur mon pauvre Lucien. Je ne concevais plus du tout, depuis que j'avais vu «l'incomparable Olympe» cette passion acharnée qui s'adressait justement au modeste juge du tribunal d'Yvetot.

Il y avait là une invraisemblance, presqu'une impossibilité.

Et l'invraisemblance devenait plus marquée, l'impossibilité plus flagrante par l'entrée en scène de cette hautaine figure: le conseiller Ferrand.

Celui-là, je ne me l'étais pas du tout représenté ainsi.

Au début de ma lecture, j'avais vu en lui un brave pasteur de petits magistrats, menant son tribunal comme une école maternelle.

Puis tout à coup,—devine devinaille,—certain écrit mystérieux me l'avait montré sous un aspect tout opposé, mais plus grand: j'avais frémi en me penchant au-dessus d'un abîme.

Rien de tout cela n'était dans le marbre poli—et propre—de cette tête énergique—mais modérée, élégante, intelligente—et sage.

Quant à Jeanne Péry, oh! elle était, celle là, ravissante de la tête aux pieds, mais tout autrement que la marquise. Ce n'était pas du tout une grande dame. C'était... mon Dieu oui, c'était trop le contraire d'une grande dame pour cadrer avec l'idée que je m'étais faite d'elle.

Selon moi, elle était bien plus l'héritière de notre vieux camarade de folies, le baron de Marannes, que la fille de cette chère sainte, si doucement noble dans son martyre, Mme veuve Péry.