Je pleure un peu en t'écrivant cela, parce que je n'ai pas eu quatre autres jours de bonheur en toute ma vie.
Pardonne-moi, c'est fini.
À la maison, personne ne s'aperçut de rien. Il est vrai que j'usai de ruse pour la première fois depuis ma naissance. Je fis semblant de m'occuper d'Olympe. Je fis si bien semblant que tout le monde y fut trompé.
Bien réellement, du reste, je m'occupais d'Olympe, tu ne vas que trop le voir, mais ce n'était pas tout à fait comme l'entendaient ma mère et mes sœurs.
Je commençai à parler d'elle le lundi avant dîner.
Toutes les oreilles aussitôt se dressèrent.
Je m'informai de ses habitudes. Je demandai comme par manière d'acquit si on pensait qu'il ne lui serait pas importun de me revoir.
Trois paires d'yeux se levèrent au ciel. Maman dit: «C'est la neuvaine...»
Célestine et Julie me semblèrent avoir plus de confiance dans la somnambule.
Le mardi, je rappelai en passant cette liaison d'enfance qui existait entre Olympe et moi. En revenant de chez la somnambule, Célestine et Julie me surprirent croisant sous les fenêtres de l'hôtel de Chambray.