Sous leurs voiles, elles triomphèrent, et maman, ce soir-là, me suivait dans tous les coins pour m'embrasser.
Le mercredi, après le dîner, je fis grande toilette pour rendre visite à Olympe, mais le cœur me manqua.
À l'heure où nous sommes, l'idée de ce que devait être cette visite et de ce qu'il me fallait oser, me fait encore froid dans les veines.
Oh! oui, je pensais à Olympe. Je pensais à elle la nuit, le jour, sans cesse: presque autant qu'à Jeanne elle-même!
Le jeudi enfin,—qui était hier,—après avoir passé une demi-heure agenouillé devant la paillasse de Jeanne, je pris mon courage à deux mains, et je partis pour l'hôtel de Chambray, ganté de frais, mais la mort dans l'âme.
Je n'ai jamais fait la guerre. Je pense qu'il en doit être ainsi quand on marche à l'ennemi sans espoir de vaincre.
Au moment où je soulevai le marteau du vieil hôtel, laissé par feu M. le marquis à sa veuve, ma poitrine était si serrée que j'avais peine à respirer.
Je ne sais pourquoi le souvenir du mari d'Olympe passa dans mon esprit. Je l'avais vu à peine trois ou quatre fois. C'était un homme grand et pâle, d'une santé maladive et qu'on disait très bon.
Le concierge m'accueillit avec un empressement remarquable.
Sa voix sonna comme une fanfare quand il appela sa femme pour garder la loge pendant qu'il m'accompagnait jusqu'au perron.