Une autre idée se fit jour, honteusement et malgré moi, M. Louaisot m'avait dit une fois: «Vous êtes peut-être millionnaire sans le savoir!»
Olympe avait prouvé déjà qu'elle était ambitieuse....
Oh! que n'était-ce vrai? Que n'avais-je des millions, tous les millions de la terre à lui offrir pour prix du bizarre secours que je venais implorer d'elle!
En même temps que tout cela roulait dans ma tête, mon regard ne pouvait se détacher d'Olympe. Je la voyais, même quand mes yeux se baissaient ou se détournaient d'elle. Je subissais de plus en plus douloureusement l'empire de sa beauté.
Je dis douloureusement parce que, tout en admirant malgré moi et avec de puériles colères, je comparais ou plutôt je combattais.
L'image de Jeanne était là, plein mon cœur. Pauvre petite vaincue! Je la voyais entre Olympe et moi comme une cause de guerre implacable.
Jeanne était belle aussi, mille fois plus belle à mes yeux que cette orgueilleuse. C'était vrai, mais ce n'était vrai que pour moi.
J'avais conscience de ce fait qu'entre elles deux moi seul pouvais donner la préférence à Jeanne.
Tout le reste de l'univers, j'en étais sûr et je m'en indignais amèrement, eût décerné le prix à Olympe.
Je voudrais en vain expliquer comment je trouvais cela tout à la fois inique et naturel. Le contraire ne me tombait pas sous le sens, et ma rancune contre la victorieuse de cette lutte imaginaire grandissait—grandissait jusqu'à provoquer en moi un fougueux besoin de vengeance.