—Êtes-vous donc toujours aussi timide qu'autrefois?
Je m'assis et je répondis:
—Plus timide.
Il y eut une pause. Olympe aussi avait repris son siège.
C'est une chose singulière à dire, j'avais du sang froid dans mon trouble. Je choisissais ce moment inopportun pour réfléchir, songeant à tous les points que j'aurais dû régler avec moi-même avant la visite, et constatant que je m'étais trompé en croyant me préparer.
Je n'étais pas préparé du tout. Je n'avais pensé à rien de ce qu'il me fallait avoir et savoir.
Je me souvins à cette heure des soupçons qui m'avaient traversé l'esprit à Paris; je relus en moi-même le «fragment» écrit de la main gauche.
Mais j'eus beau essayer de croire à cela, je ne pus pas.
Le souvenir me revint aussi de ce qui m'avait été suggéré tant de fois par M. Louaisot, par ma mère, par mes sœurs; était-il possible que cette femme, si supérieure à moi sous tous les rapports, fut éprise de moi?
Et si cela était, que faisais-je chez elle?