Mais le fait est qu'elle est à croquer, dites-donc, Cressonneau, cette petite chacalo! Quand vous l'aurez trouvée, n'allez pas vous laisser empaumer!
Foi de gentilhomme! comme nous disions jadis en sortant de la Porte-Saint-Martin, les soirs de Mélingue, je n'avais pas besoin de la permission du patron pour tâcher de vous être agréable. J'ai fait ce que j'ai pu. Le ban et l'arrière-ban de nos observateurs invalides ont été mis sur pied. J'ai armé en guerre toute notre police—pauvre régiment, le Royal-Bancroche! J'ai lâché jusqu'aux gardes-champêtres!
Néant! Royal-Bancroche est rentré bredouille et tout essoufflé. Nous n'avons pas ici une jeune personne, sédentaire ou voyageuse, qui ressemble de près ou de loin à la photographie.
Désolé, cher Maître, de n'avoir pu mieux faire. Je ne veux pas du moins vous leurrer, et je vous dis franchement: il faut chercher ailleurs. Fanchette n'est pas chez nous.
Je suis d'autant plus triste d'avoir si mal réussi—remarquez l'habileté de la transition—que j'avais un service à vous demander.
Voyons! soyez clément, heureux Cressonneau, vous qui fleurissez sous les rayons du soleil, et songez combien il y a loin de notre misérable petit parquet au ministère de la Justice.
Il s'agit de mon pauvre avancement. Je voudrais «gagner un galon» comme dit le président Ferrand en parlant de vous.
L'occasion y est.
Hélas! je ne demande pas encore à me rapprocher de Paris, cœur et cerveau du monde. Mon ambition ne va qu'à gonfler sur place.
J'expose: