Mais je cause, je cause et j'oublie le principal objet de ma lettre. Hier, votre chère maman est venue me voir avec vos sœurs.

Je dis me voir, car c'est moi qu'elles ont demandée.

Cela a fait sourire Olympe, qui n'en a témoigné aucun déplaisir.

Moi, j'en ai été un peu blessée.

Votre bonne mère a été charmante, oh! charmante. Et vos sœurs, donc! moi qui avais tant souhaité avoir une amie; m'en voici deux. Et quelles amies! Les sœurs de mon Lucien—mes sœurs!

Je vous le dis encore: je suis trop heureuse, cela m'épouvante. Je voudrais un petit chagrin pour désarmer la destinée, mais j'ai beau faire, de quelque côté que je retourne mon regard, partout, partout du bonheur! À bientôt, mon Lucien. Demain, n'est-ce pas?

Note de Geoffroy.—Cette lettre avait été lue et relue mille fois. Elle était presque effacée par les larmes.

Elle portait, au bas, cette mention de la main de Lucien: «Communiquée à Olympe selon son désir.»

Et en marge, également de l'écriture de Lucien, mais plus récente, cette autre mention: «Geoffroy est prié d'en avoir bien soin. J'ai eu de la peine à m'en séparer.»

Pièce numéro 61