Lucien, mon Lucien, guérissez-vous bien vite et ne restez pas éloigné de moi. Dès que je ne vous vois plus, je crois faire un rêve. Est-ce bien croyable, en effet, Lucien? Vais-je être votre femme?

Nous nous sommes aimés dès le premier regard. Mais que d'obstacles il y avait entre nous! Pauvre maman qui vous aimait pourtant presque aussi bien que moi, me défendait toujours d'espérer. Nous voit-elle, Lucien?

Si elle nous voit, elle doit être heureuse.

Elle nous voit. Il me semble que je l'entends prier longtemps et ardemment pour Olympe.

Oh! priez, mère chérie, portez votre prière jusqu'aux pieds de Dieu. J'ai beau regarder en arrière, je ne vois qu'Olympe qui m'ait été secourable. Priez, ma mère, payez la dette de votre fille!

C'est si vrai, Lucien! Sans elle, nous serions encore tout au fond de notre misère.

Aussi, dès que je suis seule, une foule de questions se posent au-dedans de moi-même. La nuit, je les écoute comme des refrains:

Comment ai-je pu mériter de sa part cet intérêt si subit et si profond? Cette amitié précieuse qui me relève à mes propres yeux et surtout aux yeux des autres? Pourquoi ai-je souffert si longtemps loin d'elle? Pourquoi est-elle venue si soudainement à mon secours?

Je vous ai interrogé déjà bien des fois, jamais vous ne m'avez répondu.

Je croyais lire pourtant dans vos yeux que vous auriez pu me répondre....