Vous avez raison de le dire: ce n'est vraiment plus la peine de courir le monde pour se procurer des émotions, puisque le hasard vous les sert à domicile.
En grâce, chérie, écrivez-moi, dès qu'il y aura la moindre des choses. Tenez-moi surtout au courant de l'arrestation de Mlle Fanchette—c'est le vrai nom de la tigresse qui se cacherait chez vous, dit-on, sous une autre étiquette.
Peut-être que vous la connaissez. Elle vous aura peut-être taillé un corsage ou donné de l'eau bénite à l'église. Non, tenez, ça fait frémir!
Et ne lâchez pas pour cela le drame Thibaut-Péry. La tournure que prend là-dedans l'incomparable Olympe est tout à fait incompréhensible. Est-ce qu'elle se serait aussi servie de ses ciseaux, une fois ou l'autre? Lucien est juge. Ces messieurs savent tant de choses!
Écrivez-moi beaucoup, beaucoup, sans négliger de bien danser à la noce. Un mot bien senti sur les toilettes qu'il y aura, s'il vous plaît.
P. S.—On m'apprend à l'instant que M. Cressonneau part pour Paris, mandé par dépêche télégraphique. Ça brûle.
Pièce numéro 68
(Extrait du journal Le Moustique, «courrier de la politique, de la littérature, du commerce, des arts et des tribunaux». Imprimé. Signé Midas.)
...Et voilà pourquoi l'administration française et généralement tous nos services publics inspirent une pitié pleine d'admiration à l'Europe entière!
Rien ne va, rien ne se fait. Nos bureaux sont si pleins d'employés inutiles qu'on n'y peut plus bouger.