Voulez-vous savoir comment les choses eussent marché en Angleterre? Le coroner aurait fait la constatation du meurtre et l'enquête, ici:—un jour.
L'intendant de police, fonctionnaire responsable, aurait institué trois agents, quatre au plus,—responsables aussi—avec charge spéciale de mettre la main sur l'accusée, ci:—un jour.
Les agents spéciaux se seraient mis en campagne et la prochaine session du comté aurait vu le jury en face d'une coupable ou d'une innocente.
Voilà.
Mais c'est que, à Londres, ils n'ont pas ce congrès de vieilles perruques immorales qui dorment sur leurs sièges et ne s'éveillent que chez Mabile.
Vous souriez? Il n'y a pas de quoi. Vous doutez? Allez y voir. Hier, chez ledit Mabile, Mlle Freluche parlait vert entre deux simarres en bourgeois.
C'est que, à Londres, ils n'ont pas cette nuée de petits jurisprudents au biberon qui cotillonnent l'hiver et buvottent, l'été, les eaux de toutes les fontaines mal fréquentées.
Les juges restent chez eux, en Angleterre, chez nous, les plages d'Étretat, de Trouville, de Cabourg sont sablées avec l'argent du budget.
En Angleterre, il y a un homme pour une besogne, en France, il y a une besogne pour cent paresseux.
Lequel est le plus grand du scandale ou du ridicule?