Le premier-Paris disait en très bons termes qu'en présence des rigueurs croissantes du pouvoir, on ne cesserait pas d'être scandaleux, mais qu'on le serait avec plus d'adresse.
Le second article écorchait vif quelqu'un. (On voit de ces écorchés qui s'abonnent.)
Le troisième, rédigé par un photographe de mes amis, élucidait la question du pouvoir temporel des papes.
Le quatrième.... Mais vous en savez aussi long que moi sur Le Pirate. Vous ne le respectez probablement pas beaucoup, mais vous le lirez jusqu'au dernier jour de votre vie.
J'allais le rejeter après l'avoir parcouru, quand mon regard tomba sur un Avis au lecteur, imprimé en caractères gras et placé bien en vue, au centre de la première page.
Il était ainsi conçu:
Dès son premier numéro, Le Pirate commence la publication d'une œuvre tout à fait hors ligne, due à la plume d'un jeune écrivain que son premier ouvrage a rendu tout d'un coup célèbre: M. Athanase Morin, auteur du Viol de la rue Castiglione.
Le Pirate, qui veut avoir accès dans les familles, aurait reculé devant ce titre trop significatif, mais M. Athanase Morin a bien voulu écrire spécialement pour nous un roman de la vie moderne, palpitant sans être dangereux et qui mettra le sceau à son illustration littéraire.
L'œuvre nouvelle de notre brillant romancier est intitulée: La Tontine des cinq fournisseurs.
C'est une histoire véritable, où les Parisiens de Paris pourront reconnaître sous leurs noms d'emprunt plusieurs personnages bien connus du boulevard.