M. Louaisot avait fait écrire l'introduction et peut-être le roman tout entier pour effrayer—ou pour tuer cette personne, dans une position très honorable «que nul n'accusait...» jusqu'à présent.
J'avoue que cela me troublait. Quoique je ne fusse pas au bout de ma lecture, j'avais chiffré déjà les bases d'un calcul de probabilités. Dans ce calcul, M. Louaisot et Mme la marquise de Chambray étaient des quantités de même nature et placées du même côté de l'équation.
Fallait-il bouleverser tous mes chiffres et changer complètement la position du problème, maintenant que M. Louaisot mettait si ouvertement en joue Mme la marquise de Chambray?
Je mis à part le journal Le Pirate et le paquet d'épreuves sous mon oreiller, pour les reprendre au besoin, et pendant que j'y étais, j'ouvris les deux lettres qui restaient sur le plateau.
La première dont l'enveloppe était bordée d'un large liseré noir, ne contenait que ce peu de mots:
Mme la baronne de Frénoy présente ses compliments à M. G. de Rœux, dont elle a appris le retour, et le prie de vouloir bien la favoriser d'une visite.
Ce nom n'éveilla en moi aucun souvenir.
L'autre lettre était aussi brève et presque semblable. Elle disait:
Monsieur,
Au nom de notre ami commun, M. Thibaut, je vous prie d'être assez bon pour m'accorder une prochaine entrevue.