M. Ferrand voulut m'emmener chez lui, je le remerciai. Je pensais être là à ma place.

Geoffroy, je suis son mari. La loi nous a joints. Rien ne peut briser cette union que la mort.

C'est là ma consolation, ma joie, mon espérance.

Ils sont venus trop tard. Jeanne est à moi devant les hommes, nous étions l'un à l'autre déjà devant Dieu.

Je ne suis pas malheureux: Jeanne est ma femme.

Je pensais à cela, sur ma borne, au seuil de la prison où est Jeanne. Je me disais: Là-dedans, et plus tard, sur le banc des accusés, elle portera mon nom.

Et je remerciais Dieu.

Pendant cela, il venait des gens de la ville pour me regarder. On ne m'insulta pas. Je crois au contraire que tout le monde avait pitié de moi.

Ma mère m'a écrit des choses incohérentes et cruelles, mais il y a dans sa lettre qu'elle m'aime toujours. Elle aurait pu me maudire.

Mais c'est trop vite parler de ma bonne mère: je n'eus sa lettre que le lendemain, c'est-à-dire hier. Je restai à la porte de la prison très longtemps—jusqu'à la nuit tombée. M. le président envoya trois fois pour me chercher.