Son aspect éveillait l'idée de cet héroïsme passif qui est la gloire des martyrs.
J'essayais de le réchauffer contre ma poitrine, car son contact me faisait froid et j'étais secoué par ses frissons.
Il me dit, et je n'oublierai jamais cela:
—C'est bon de s'appuyer sur un cœur.
Pauvre, pauvre Lucien! J'eus remords comme s'il m'eût reproché sa solitude.
Au bout d'un instant, ses paupières humides découvrirent le profond regard de ses yeux. Il essaya de sourire, et reprit doucement:
—Je ne mourrai pas encore de cette fois. Merci, Geoffroy. Je n'ai pas le droit de mourir. Tu peux me lâcher maintenant, je me tiendrai bien debout. En effet, il se mit sur ses pieds sans trop d'effort, après quoi il me serra la main en murmurant:
—Ce n'est pas gai un ami comme moi. Merci encore. Je veillerai à ne plus t'effrayer ainsi; car tu es tout blême, Geoffroy, mon bon Geoffroy.
Je pressai sa main entre les miennes sans répondre. Son sourire persistait. Il se figeait sur ses lèvres et faisait mal à voir.
—N'est-ce pas, demanda-t-il tout à coup en prenant un ton dégagé qui sonnait faux, n'est-ce pas qu'il est gentil mon cher petit portrait? C'est tout ce qui me reste d'elle. On ne devinerait guère que c'est le portrait d'un assassin.