Nous sommes perdus, Geoffroy. Il faudrait un miracle rien que pour nous obtenir des circonstances atténuantes. Le cœur me manque....

J'ai été regarder la Seine couler, mais je ne veux pas mourir avant Jeanne.

Deux fois, je suis revenu vers l'église Notre-Dame-des-Victoires. À quoi bon entrer?

Une évasion de la Conciergerie! Tu connais la prison. C'est purement un rêve ou un leurre. D'ailleurs, je ne veux pas d'évasion.

Et Jeanne! Est-ce que Jeanne consentirait jamais à une évasion!

Ce n'est pas qu'elle soit gardée aussi étroitement qu'au début. Elle n'est plus au secret. La sœur l'aime et les employés de la prison la protègent....

La troisième fois, je suis entré dans l'église—par la porte de droite. C'est à la porte de gauche que la quêteuse devait m'attendre.

Ceux qui prient sont bien heureux. Les murs de l'église disparaissent sous les ex-voto de marbre qui disent merci à la Vierge pour une grâce accordée. Il y en a des milliers et des milliers. Tous ceux-là étaient aux abois. Ils ont crié à l'aide. L'aide est descendue du ciel. C'est vrai, puisqu'ils remercient. J'ai eu l'idée de faire un vœu, moi aussi. Que donnerais-je! Tout, et ma vie!... L'église était pleine. Je me suis agenouillé derrière un pilier. Le chant des orgues me fendait le cœur. J'ai traversé le bas de la nef. Mon regard a glissé jusqu'à la quêteuse: Une femme en deuil dont le visage disparaissait entièrement sous son voile. Je ne puis dire que j'ai cru reconnaître Olympe. Mais le nom d'Olympe est tombé dans ma pensée, et j'ai pris la fuite.

Geoffroy, comment serait-il possible de s'évader de la Conciergerie? Et quel moyen prendre pour amener Jeanne à consentir?

Et moi? Est-ce que je pourrais me résoudre à cela?