Elle était toujours au secret, mais l'instruction se trouvant absolument complète, les précautions, comme il arrive en pareil cas, ne gardaient plus le même degré de minutie.

Cependant, elle ne voyait, et elle n'a jamais vu, pendant tout le temps de son séjour à la prison que, Me Thibaut, son avocat, qui est en même temps son mari.

Me Thibaut n'est d'ailleurs jamais entré dans sa cellule qu'aux heures réglementaires et ne parait pas avoir prêté la main à l'évasion.

Dimanche soir, c'est ici le dire intérieur de la prison, l'accusée se sentit plus souffrante et demanda les soins d'un médecin.—D'autres prétendent que la sœur Marie-Joseph prit sur elle de la conduire à l'infirmerie, où M. le Dr Schontz venait justement d'être appelé pour un cas grave.

L'accusée grelottait la fièvre en arrivant à l'infirmerie. Elle était gardée par deux employés, dont l'un fut requis pour tenir le malade dont le docteur s'occupait en ce moment et qui était en proie à un accès de délire.

L'autre employé a disparu en même temps que l'accusée elle-même.

Maintenant, par quel moyen l'employé et l'accusée, ensemble ou séparément, sont-ils parvenus à gagner la sortie de la prison, puis l'une des issues du Palais de justice? nous ne pouvons, à cet égard, satisfaire la curiosité de nos lecteurs.

La sœur Marie Joseph avait quitté l'infirmerie avant le départ de l'accusée et vaquait à son service ordinaire.

Le Dr Schontz est sorti seul. Plusieurs témoins sont là pour l'affirmer.

On peut dire, du reste que, l'accusée a glissé comme une ombre à travers la prison, car personne n'y a rien vu de suspect. Les gardiens des différentes portes sont unanimes. Personne n'est passé au moyen de leurs clefs, sinon ceux qui avaient droit.