On a trouvé, ce matin, sur le quai de l'Horloge, aux environs de la maison Lerebours, le cadavre d'un jeune homme paraissant être un étudiant. La mort parait être le résultat d'une rixe. Il y a des traces de strangulation. Le corps a été déposé à la Morgue.
Pièce numéro 111
(Extrait de la Gazette des Tribunaux—imprimé.)
Mardi, 9 octobre.
La nouvelle que nous avons donnée hier, concernant l'évasion de l'accusée Jeanne Péry est malheureusement trop exacte et un pareil événement, survenu à la veille de l'ouverture des assises, n'a pu que produire une profonde émotion au palais.
Nos lecteurs comprendront l'extrême réserve que nous voulons mettre à parler de cet incident. La justice informe, l'administration fait une enquête. Nous n'avons pas à contre-carrer l'une ou l'autre dans leurs efforts.
Il doit nous être permis, cependant, de consigner les bruits très vagues et parfois contradictoires qui circulent dans la ville.
Tout d'abord, nous sommes autorisés à démentir le dire d'un journal d'hier soir, selon lequel une sœur de Saint-Vincent-de-Paul aurait été arrêtée. La sœur M. J. n'a pas quitté son poste à l'infirmerie de la prison et n'est compromise en rien dans cette affaire.
Nous donnons ici le résultat de nos informations:
Depuis quelques jours, la surveillance, sans se relâcher, autour de l'accusée Jeanne Péry, lui laissait la possibilité de traiter une légère affection des bronches, pour laquelle l'infirmerie lui fournissait des médicaments par l'entremise de la sœur de service.