Quand je suis moi ou quand je suis l'autre, c'est toujours, toujours à toi que j'écris.
Jeanne qui est ma vie, et toi qui es mon espérance, voilà ce que je garde.
Cela me donne une foi superstitieuse en toi. Mon amitié s'obstine, mon espoir grandit au lieu de s'éteindre.
Quand je perds courage, il y a un coin de mon cœur où je me réfugie. Ce coin, c'est celui qui me parle de toi.
J'ai détruit les innombrables pages où ma plume avait tracé de confus griffonnages—parfois des hiéroglyphes que je ne pouvais déchiffrer moi-même.
Je n'ai gardé qu'un seul spécimen, que j'ai classé sous le n°115 ci-dessus et qui remplacera pour toi tous les autres.
Car ils se ressemblaient tous. C'était toujours une timide protestation contre la folie, un remords exprimé au sujet de la tentative d'évasion.
Et la pensée de Jeanne.
Tu remarqueras que tout ce qui concerne Jeanne est net et lucide. En moi, l'idée de Jeanne n'a jamais été folle.
Je dois dire pourtant que le billet classé sous le n°115 était de beaucoup le plus raisonnable. C'est pour cela que je l'ai conservé.