Et aussi, peut-être, car ses paroles impliquaient également cela: la certitude qu'il n'avait plus rien à apprendre.

—M. Ferrand, répliquai-je, je prends votre démarche comme elle doit être prise, en bonne part. Mais je refuse de vous dire ce que je sais jusqu'au moment où je jugerai utile ou nécessaire de rompre le silence. Vous avez raison, je puis vous l'affirmer: l'affaire n'est pas finie. Si Dieu me laisse l'existence et la faculté de penser, je m'engage à consacrer ce qui me reste de vie à la manifestation de la vérité.

Je devinai une question sur ses lèvres. Il ne la proféra pas.

—Au revoir donc, mon cher Thibaut, me dit-il en me tendant de nouveau sa main que je pris, je ne regrette pas ma démarche qui aurait pu être mieux accueillie. Quand vous jugerez à propos de venir à moi, souvenez-vous que ma porte—et ma main—vous seront ouvertes à toute heure.

Je remerciai et nous rejoignîmes ces dames.

Le sermon avait eu tort. On s'était décidé pour la Porte-Saint-Martin.

Mère m'embrassa de bon cœur et sans même m'appeler imbécile. Mes deux sœurs me concédèrent l'accolade chrétienne que le martyr doit à son bourreau.

Et je restai seul, brisé comme si je m'éveillais d'un cauchemar.

Pièce numéro 120

(Écriture de Lucien.)