Au bout de huit jours, cependant, M. le baron était à son poste dans le salon Barnod, ne pouvant plus écouter Mme Barnod qui n'avait garde de chanter, mais faisant toujours des signes à Louette.
Il était triste, le salon. M. Ferrand ne savait rien, ou du moins ou ne lui avait rien confié, mais il devinait et se sentait mal à l'aise. C'était un véritable ami. Malheureusement, il avait l'air d'avoir été davantage. Le fils Jacques observait et jouait au professeur avec Olympe. Mme Barnod se livrait à cette joie rancuneuse des femmes sur le retour qui croient faire peser l'abandon sur une jeune rivale.
Car ce baron se moquait déjà très agréablement de son petit ménage.
Il avait l'air, le vieil étourdi, de faire l'école buissonnière loin de sa femme de dix-neuf ans.
Celui-là était-il un fripon ou un misérable vieil enfant?
Je fus choisi une fois, car on me mettait à toute sauce, de conduire la carriole, prêtée par le fils Jacques à Mme Barnod pour une expédition tout à fait caractéristique.
Mme Barnod et M. le baron Péry allaient visiter un enfant du sexe féminin qui était en nourrice dans une ferme de l'autre côté de Dieppe, tenue par des métayers du nom de Hulot.
J'étais chargé par le fils Jacques, qui passait décidément à l'état de confident, de dire, au retour, que j'avais conduit Mme Barnod toute seule faire une visite sur la route.
La mère Hulot, forte nourrice, exhiba une belle petite fille qu'elle appelait Fanchette. Le baron Péry la dévora de baisers. Mme Barnod pleurait comme une Madeleine.
En revenant, on causa. Dans les carrioles du pays de Caux, le siège du cocher est tout bonnement la banquette. J'étais donc avec eux, et cela gênait bien Mme Barnod.