—Est-ce que vous savez ce que je crois, Olympe? demanda Louaisot.
Il souriait toujours. Il avait des yeux comme je n'en ai vu à personne. Il se pencha un peu en avant. Les boucles brillantes de ses cheveux jouèrent autour de son sourire.
Olympe se sentit rougir.
Ceux qui connaissent maintenant cet homme-là et qui ne l'ont pas connu au temps dont je parle, croiront que je me moque. Il était beau jusqu'à produire chez la jeune fille un sentiment de malaise magnétique.
Pélagie ronflait, mais elle ne dormait pas.
Il y avait trois femmes à la maison, et Dieu sait que cette aventure extraordinaire leur fut un sujet de conversation pendant bien des jours.
J'ai vu ce que je raconte par ma pauvre Stéphanie qui faisait tous les soirs la veillée avec Louette et Pélagie.
—Je crois, reprit Louaisot dont la voix grave vibrait comme les cordes basses d'une harpe, que vous êtes belle, divinement pure, et que votre cœur va s'éveiller. Vous n'avez plus de mère, et c'est moi que votre mère a choisi pour la remplacer.
—C'est vrai, murmura Olympe. Ma mère avait confiance en vous.
—C'est qu'elle savait le fond de mon âme, et que tous deux—votre mère et moi—nous avions causé bien souvent de ce qui arrive aujourd'hui.