Ceux qui me lisent auront occasion bientôt de voir à quel point cet homme était comédien.
—Vous voilà toute bouleversée, ma chère enfant, dit-il avec douceur. Vous retirez votre lettre comme si vous aviez crainte de me voir vous l'arracher. Avez-vous donc eu à vous plaindre de la manière dont vous êtes traitée chez moi?
Olympe rougit et courba la tête. Louaisot prit un siège auprès d'elle.
Ceci était joué supérieurement. L'effet voulu était produit. Olympe, déroutée, n'avait pas trouvé le joint pour dire: «Monsieur, que venez vous faire chez moi à cette heure?»
Et c'était exactement tout ce que Louaisot voulait.
Quand Louaisot fut assis, le campagnard avait disparu avec le gros paletot, jeté sur le dos d'une chaise. Le beau jeune homme était revenu.
—J'ai donc l'air d'un tyran? demanda-t-il avec sa gaieté ordinaire, où il mettait une nuance de sensibilité. De mes droits cependant, je ne réclame que celui de dire à ma chère pupille que la nuit est faite pour dormir et que notre bel étudiant Lucien Thibaut peut bien attendre sa réponse jusqu'à demain.
—Je n'avais pas sommeil... balbutia Olympe qui n'avait qu'une pensée: excuser son empressement.
Puis prise de ce besoin particulier aux femmes qui nient comme elles respirent; elle ajouta:
—Ce n'est pas ce que vous croyez, Monsieur!