Le lendemain de notre arrivée, je vis un homme à côté de moi dans ma chambre d'hôtel, et je lui demandai ce qu'il faisait là.
C'était M. Louaisot.
Quand il me l'eût dit, j'eus encore peine à le reconnaître.
C'était M. Louaisot qui avait rasé sa beauté en un tour de main, comme on se fait la barbe.
Il avait arraché son grand air, éteint sa jeunesse, alourdi sa grâce et mis je ne sais quoi d'épais à la place de son élégance.
Tout cela par sa volonté plus que par aucune transformation matérielle.
C'était, en dehors du grimage moral dont l'habitude s'établit chez lui en quelques jours, c'était surtout une affaire de coiffure et de toilette.
Ses yeux seuls se cachèrent derrière des lunettes qui flamboyaient d'une façon singulière. L'éclair même de son regard—par sa volonté,—était devenu ridicule.
Pendant cela, le ménage de M. le marquis allait comme il pouvait. Je ne sais pas si la belle Olympe ignorait une partie de ce qu'elle devait à son mari, mais elle ne pouvait passer pour l'ange de la reconnaissance.
Aux yeux du monde elle se conduisait bien, elle rendait même la quantité suffisante de soins à son vieil époux; mais elle ne lui donnait rien de son cœur.