C'était lui qui faisait sur moi l'épreuve de son nouveau talent. Il était trois fois plus fort ventriloque que l'Homme à la poupée.
—À quoi ça pourra-t-il bien vous servir, patron?
—L'affaire mange de tout, petiot. Ça lui fera son souper un jour ou l'autre. Et ça ne manqua pas. Un rude souper! vous verrez bien.
Louette écrivit vers ce temps-là que Simon Roux, l'ancien soldat déserteur, était venu à l'étude dans un triste état. Il avait eu toutes les dents de devant cassées dans une bagarre, et il se plaignait de ses entrailles, disant qu'on l'avait soigné dans une grange où Joseph Huroux venait coucher, et qu'il avait crié deux nuits durant, demandant le repos de la mort, parce que quelqu'un avait jeté du verre pilé dans sa soupe.
Le post-scriptum de la lettre ajoutait que le déserteur n'avait pas été bien loin au sortir de la maison. Il était mort contre le banc qui est au coin de la mairie.
Le bruit courait bel et bien qu'il avait fini empoisonné, mais c'était un si pauvre malheureux qu'on le jeta tranquillement dans la fosse.
«Si on ouvrait tous les chiens crevés pour voir s'ils ont avalé des boulettes, ajoutait gaiement la femme de chambre de Mme la marquise, ça serait encore un bel embarras!»
Louaisot rit de cela, mais il dit:
—Ce Joseph Huroux va bien! Je vais lui mettre un fil à la patte, sans ça il m'abîmerait mon oncle Rochecotte. Voici un autre incident qui me revient.
Une après-dînée que nous traversions le jardin du Palais-Royal, le patron, les mains dans ses poches, et moi chargé comme un mulet, car je portais les registres de sa nouvelle administration, je reconnus tout d'un coup la petite baronne Péry qui était toujours bien jolie, mais toute maigre et toute pâle. Je la montrai au patron qui s'écria en même temps: