M. Louaisot ne réfléchit pas longtemps. Il me fit faire sa valise. Pendant que j'y travaillais, il se promenait de long en large et je l'entendais qui pensait tout haut:

—Olympe a tout gâté! Ce sera dur. Plus dur encore que l'histoire de l'enfant!

Ordinairement M. Louaisot ne faisait jamais allusion à l'histoire de l'enfant. En parlant ainsi il était tout défait, comme ce soir où il m'avait demandé: Petiot, est-ce que je suis bien pâle? Mais sa physionomie exprimait une indomptable résolution. Tout à coup, il me dit:

—Mets une chemise à toi et une paire de bas dans la valise. Je t'emmène.

Je ne sais pas pourquoi je me mis à trembler comme la feuille. Je n'aurais pas pu expliquer mon impression, mais j'avais idée qu'il allait se passer là-bas quelque chose de terrible.

—Patron, répliquai-je humblement, je ne suis pas bon pour les choses où il y a du danger.

—Qui t'a dit qu'il y aurait du danger?

Sa voix menaçait. C'était rare. Je ne l'avais jamais vu bon, mais il ne se montrait pas souvent dur. Comme je ne répondais pas il ajouta:

—Est-ce que tu as à choisir ta besogne à présent?

—Pour ce qu'on me paye... murmurai-je.