Elle devint jeune fille. Elle avait 600 francs de pension qui lui étaient servis, Dieu sait comme, par le baron Péry, son père.

Le baron l'aimait énormément, à ce qu'il disait, et l'abandonnait du meilleur de son cœur. Il la faisait dîner quelquefois au restaurant et je ne pense pas qu'il l'inondât de morale au dessert.

Fanchette était toujours marchande de plaisirs. C'était une intelligence assez remarquable. Elle s'était fait toute seule une manière d'éducation. Beaucoup plus tard, je l'ai vue dame un instant.

Et par l'apparence c'était une vraie dame.

M. Albert de Rochecotte avait tort quand il disait, comme cela a été rapporté dans l'acte d'accusation:

«On n'épouse pas Fanchette.»

Si fait vraiment. Il y a des Fanchette qu'il faut relever et épouser. Quand on meurt pour avoir payé avec une moquerie la tendresse d'une jeune fille, c'est bien fait, M. le comte! Je ne vous plains pas.

Fanchette était encore marchande de plaisirs quand Albert de Rochecotte la vit et l'aima.

La rencontra-t-il par hasard, ou par les soins de M. Louaisot, qui prenait les mécaniques de loin, nous le savons, ou bien par l'imprudence de ce vieil étourneau de baron? Je l'ignore....