Tout est dans le choix de l'outil.

Or voici un outil qu'on ne voit pas, une arme qui n'a pas l'air d'une arme: une gracieuse jeune femme dont l'indolence ne peut qu'ajouter aux embarras du vieillard.

Le rustre peut approcher sans défiance. Tout au plus lui en coûtera-t-il deux coups au lieu d'un, et il n'est pas à cela près.

Ah! certes, la trappe est bien tendue. C'est une arme invisible, celle-là.—Reste à savoir si elle est assez fortement trempée pour remplacer les armes qui se voient.

C'est à peine si Joseph Huroux se montra au bout du mur qui fermait l'extrémité de la ruelle, débouchant dans la plaine Bochet.

Je dis fermait parce que la ruelle venait sur nous de biais. Pour se cacher il suffisait de faire un pas en arrière.

Joseph Huroux avait un chapeau de cuir rabattu jusque sur ses yeux. Il tenait à la main une monstrueuse cravache dont le cuir était tout pelé, mais qui devait avoir dans sa pomme une balle pesant au moins une once.

Il regarda le vieux et je vis ses grosses lèvres sourire.

La vue de Laura endormie parut l'enchanter beaucoup moins. Je devinai sur sa bouche une question qui devait être celle-ci:

—Où diable la vieille bête a-t-il volé cela?