Joseph Huroux avançait toujours.
Il était arrivé à un pli de terrain où les herbes avaient eu plus d'humidité et s'étaient multipliées.
Il avait désormais de quoi masquer son approche.
Je n'aurai jamais honte de ma sensibilité. Cédant à un mouvement généreux, je soulevai la planche qui me servait de porte et je sortis.
Je pouvais prévenir le vieux sans trop de danger parce que sa cahute avait une manière de fenêtre qui donnait juste en face de moi et qui se trouvait ouverte.
Mais je n'eus pas le temps d'accomplir mon dessein.
L'événement marcha comme la foudre.
Au moment où je sortais en prenant les précautions dictées par la prudence, le vieux Jean qui ne se doutait encore de rien, mais qui voulait clore sa devanture à l'heure ordinaire, passa sa tête à la fenêtre, ouverte de mon côté et cria de sa voix chevrotante:
—Hé! là-bas! ma bonne fille, il faut rentrer.
Elle entendit, car son pas remua les herbes à une centaine de mètres derrière moi. Mais Jean Huroux entendit aussi. Il avait avancé bien plus que je ne croyais à l'abri de la coulée. Je le vis se dresser à vingt mètres tout au plus de la porte du vieux Jean.