Et tout fut dit. Le patron se paya de ses cinq ou six ans d'attente.
Voici la demande de Louaisot et la réponse de Fanchette:
—Est-ce que vous allez demain à la première du Gymnase?
—Non, je dîne à la campagne.
Louaisot était prêt. Il cherchait son terrain pour livrer la bataille. La veille, il avait appris que Jeanne était au couvent de la Sainte-Espérance. Le matin il avait trouvé un moyen de l'en faire sortir.
Depuis huit jours il portait dans sa poche la paire de ciseaux de fabrique anglaise, aux initiales S. W., qu'une main exercée avait soustraite dans la boîte à ouvrage de Jeanne. Ses canons étaient en batterie. Il dressa l'oreille à ce mot campagne.
—On ne dîne plus bien à la grille de Ville-d'Avray, dit-il au hasard. Si rien n'avait mordu à l'hameçon il en aurait jeté un autre.
Mais quelque chose mordit, Fanchette répartit:
—Oh! nous n'allons pas à Ville-d'Avray. C'est un anniversaire. Nous fêtons, Albert et moi, le souvenir de notre premier tête à tête, et il faut bien choisir pour cela le restaurant où le dîner eut lieu.
—Le nom du temple, s'il vous plaît? demanda Louaisot en riant.