M. le comte, qui avait probablement bu la meilleure part de la bouteille, ne broncha pas, mais Fanchette s'agita et un murmure passa entre ses lèvres roses.

Elle ne devait pas être difficile à éveiller....

François s'enfuit sur la pointe des pieds et referma la porte.

C'était jour de semaine. Il y avait peu de monde aux Tilleuls et le Point-du-Jour était à peu près désert déjà.

Certes, les rares passants qui descendaient le chemin d'Auteuil n'auraient point soupçonné qu'il restât des promeneurs dans l'ancien parc dont les terrains étaient à vendre par lots. Il en restait deux pourtant.

M. Louaisot et la Couronne étaient assis sur l'herbe au sommet du tertre.

Entre eux le silence régnait. Louaisot avait beau se creuser la cervelle, il ne trouvait plus rien à dire. Laura songeait et souffrait. Elle avait quitté l'église seulement quand le bedeau était venu fermer les portes. Sa pauvre cervelle s'était exaltée dans la solitude bien autrement que par l'éloquence du patron. Sa tête brûlait, son corps grelottait. Elle tremblait la fièvre.

Quand François Riant ouvrit la fenêtre, Laura n'y prit pas garde tant elle était absorbée. Mais il n'en pouvait être de même du patron, qui guettait depuis longtemps ce signal.

Aussitôt après l'ouverture de la croisée, son regard plongea dans le cabinet, dont l'intérieur était vivement éclairé.

Il vit ce qu'avait vu François Riant: au second plan, Fanchette, gracieusement renversée sur le dos de son fauteuil; au premier, M. le comte Albert de Rochecotte la tête penchée en avant et plongé dans un profond sommeil. Ce qu'il ne put voir, ce fut l'œil de François, qui, intrigué au plus haut degré, regardait tant qu'il pouvait par le trou de la serrure. Le patron saisit le bras de la Couronne et le serra fortement: