Ce fut à la suite de cette scène que M. Ferrand et Lucien me rejoignirent. Ils montèrent dans le fiacre.

M. le conseiller Ferrand était seul, au fond du fiacre, affaissé dans une encoignure. Lucien s'était assis auprès de moi sur le devant.

Je lui communiquai à voix basse et sommairement le contenu de la lettre de Martroy.

—Tout cela, me dit-il, je le savais. Je suis ressuscité. Nous gardâmes ensuite le silence.

Pendant tout le trajet, M. Ferrand ne prononça pas une parole.

Quand nous passâmes devant la gare Saint-Lazare, le cadran marquait dix heures.

Au lieu de monter la rue du Rocher, nous tournâmes à gauche et notre fiacre s'arrêta au coin de la place Laborde.

Là, sous un réverbère, nous relûmes les instructions de M. Louaisot et nous nous engageâmes dans la ruelle qui conduisait encore au nouveau quartier qu'on était en train de construire sur l'ancien emplacement de la place Bochet.

La nuit était noire. Nous eûmes quelque peine à trouver notre chemin parmi les tas de sable, les trous à mortier et les moellons, mais enfin, nous franchîmes ce qui avait été le mur du grand jardin et nous découvrîmes aisément les quatre pans de maçonnerie toute nue, restes du pavillon.

C'était à une trentaine de pas à peine de la maison neuve, bâtie par le Dernier Vivant. À cinquante autres pas, sur la gauche, c'est-à-dire en allant vers Monceaux-Batignolles, on voyait un amas de décombres, qui étaient les ruines de la Grande-Maison.