Quand nous le suivîmes on n'entendait plus rien.

Nous marchâmes pendant deux longues minutes au moins, et à mesure que nous avancions, nous pressions le pas.

Nous arrivâmes ainsi à un carrefour où se croisaient deux routes: la nôtre et une beaucoup plus étroite.

À l'angle de cette dernière, à droite, c'est-à-dire en tournant vers la rue du Rocher, il y avait des débris de fleurs et de feuillage, sur lesquels un homme était étendu tout de son long sur le dos. Il portait un paletot noisette, et ses lunettes nous renvoyèrent dans l'ombre la flamme de nos bougies.

Nous nous approchâmes. C'était M. Louaisot, dont les souliers se dressaient à pic, sortant de son pantalon noir, moucheté de boue.

Il tenait à la main un long couteau tout neuf dont il n'avait pas eu le temps de se servir, car la lame était brillante et intacte.

Sa tête portait de côté. Il y avait à son cou les marques d'une pression si terrible qu'on aurait dit les traces laissées par les griffes d'un tigre.

Il était mort par la désarticulation de la colonne vertébrale.

Derrière lui, dans une cavité de la paroi, on voyait un véritable fouillis de fleurs, deux couronnes tressées et une autre qui était à moitié.

Lucien mit sa bougie sous le menton du mort et dit à M. Ferrand: