—On n'entre pas ainsi, dit-elle doucement, dans la maison de
Pelo Rouan. Je voulais dire: arrêtez-vous ici et reposez-vous.
Mais nul ne passe le seuil de notre pauvre demeure; tel est
l'ordre de mon père.

—Cependant… voulut insister Jude.

—Tel est l'ordre de mon père, répéta résolument Marie.

L'honnête écuyer avait un besoin trop sérieux d'interroger Pelo Rouan pour se payer d'un semblable refus. De son côté, Fleur-des-Genêts, obéissante et vaillante, exécutait à la lettre la consigne de son père et fermait la porte à tout venant. En cette circonstance, elle avait tout l'air de vouloir défendre opiniâtrement la brèche. Heureusement, les choses n'en devaient pas venir à cette héroï-comique extrémité.

À ce moment, en effet, une voix se fit entendre tout au fond de la loge.

—Enfant, dit-elle, regarde bien la figure de cet homme, pour ne lui refuser jamais l'entrée de la demeure de ton père. Fais place!

Fleur-des-Genêts se rangea aussitôt. Jude, étonné, restait immobile et hésitait à s'avancer.

—Approche, Jude Leker! reprit la voix. Sois le bienvenu, bon serviteur de Treml! Je t'attendais.

XXIV
La loge

Nul obstacle n'empêchait plus Jude Leker de franchir le seuil de la loge. Fleur-des-Genêts, en effet, obéissant à la voix de son père, s'était mise à l'écart. Néanmoins, le vieil écuyer ne se pressait point de profiter de la permission donnée. Il demeurait immobile, à la même place, craignant un piège et se demandant quel pouvait être cet homme qui affectait de prononcer le nom de Treml avec respect.