À l'heure où Pelo Rouan faisait à Jude le récit que nous avons rapporté plus haut, un homme, enveloppé dans son manteau, descendait avec précaution la rampe du ravin de la Fosse-aux-Loups. Il jetait furtivement autour de lui des regards d'inquiétude et semblait avoir conscience d'un danger.
Néanmoins il avançait toujours.
Lorsqu'il parvint au fond du ravin, devant le chêne creux où Nicolas Treml avait enfoui jadis son coffret de fer, il s'arrêta pour reprendre haleine.
Sa vue était troublée probablement par la fièvre qui faisait trembler chacun de ses membres sous son manteau; sans cela, il n'eût point exprimé de doute, car, de plusieurs côtés, des têtes fauves, écartant les dernières branches du taillis commençaient à se montrer.
Au moment où l'étranger allait reprendre sa route, en se dirigeant vers l'emplacement de la loge de Mathieu Blanc, trois ou quatre hommes, masqués de fourrure, bondirent hors des broussailles, tombèrent sur lui et le terrassèrent en un clin d'oeil.
—Qui diable avons-nous là? demanda l'un d'eux en mettant son pied sur la poitrine de l'homme au manteau.
Celui-ci, malgré son épouvante, ne parut nullement surpris de l'attaque et continua de cacher son visage.
—Mes bons amis, dit-il d'une voix qui, malgré ses efforts, n'était rien moins qu'assurée, ne me maltraitez pas. Je ne viens point ici par hasard.
—Un espion du maltôtier! s'écrièrent en choeur les Loups; il faut le pendre!
—Saint-Dieu! mes excellents amis, ne commettez pas une énormité semblable, reprit le patient dont les dents claquèrent derechef et plus fort. Je viens vers vous dans votre intérêt.