—Du diable s'il reste un quart d'heure debout avec ces trois saignées. Attention, Jacques! il est à nous. Fais comme moi, accule-toi au mur et reste en garde. S'il quitte sa position pour m'attaquer, tu iras au lit et tu feras l'affaire; si c'est toi qu'il attaque, je me charge du capitaine. S'il se tient tranquille, ne bougeons pas. Dès qu'il tombera au bout de son sang, nous achèverons notre besogne.
Jacques obéit encore. Lapierre et lui s'adossèrent au mur. Maître Alain et l'autre valet gisaient à terre sans mouvement, et morts, suivant toute apparence.
Jude envisagea sa situation avec tout le calme de son stoïque courage: sa situation était désespérée.
Lapierre, l'effronté coquin avait parfaitement établi le dilemme;
Jude ne pouvait se sauver qu'en attaquant, mais s'il attaquait,
Didier était mort.
Le choix de Jude ne pouvait être douteux; il garda son poste.
Cependant, il se sentait faiblir de minute en minute; ses forces s'en allaient avec son sang.
Une fois, le bruit que faisaient les Loups s'approcha dans la direction de la chambre; Jude eut une lueur d'espoir.
—Pelo Rouan! cria-t-il, au secours!
Mais le bruit s'éloigna, et Pelo Rouan ne vint pas.
—Holà! dit Lapierre; le charbonnier se mêle-t-il aussi de protéger l'orphelin! heureusement il est à trop bonne distance pour entendre et, puisque ce brave garçon appelle ainsi les absents, c'est signe que sa cervelle déloge. Il a chancelé, sur ma foi!