Didier prit la médaille, et ses traits exprimèrent un étonnement.
—Ce que c'est? répondit-il avec lenteur; ce sont mes titres et parchemins, Marie. C'est, du moins, je l'ai toujours pensé, le signe qu'une pauvre femme, ma mère, mit à mon cou en m'exposant à la charité des passants. Mais ne parlons pas de cela, ma fille. Je croyais l'avoir perdue; je la cherchais en vain depuis un an. Il y a de la magie dans ce qui s'est passé cette nuit!
Marie regardait toujours la médaille.
—C'est singulier! dit-elle enfin; j'en ai une toute pareille. Elle enleva rapidement le cordon qui retenait la médaille au cou de Didier, et, tirant en même temps la sienne, elle s'élança vers la croisée afin de comparer.
Pelo Rouan, qui depuis cinq minutes guettait le moment où Marie cesserait de se trouver entre lui et le capitaine, mit en joue.
Il était le meilleur tireur de la forêt et c'est tout au plus si on aurait pu mesurer quinze pas entre le canon de son arme et le coeur de Didier.
—Elles sont pareilles! s'écria Marie avec une joie d'enfant, toutes pareilles!
Pelo Rouan tenait la poitrine du capitaine au bout de son mousquet; il allait presser la détente.
Le cri de Marie détourna son attention, et son regard tomba sur les deux médailles.
Il jeta son fusil, qui de branche en branche dégringola bruyamment jusqu'à terre: un cri s'étouffa dans sa gorge.