—Que ne parlez-vous haut, monsieur mon cousin? demanda Vaunoy qui fit appel à toute son effronterie.

—Misérable! poursuivit Georges sans élever la voix, je pourrais vous livrer à la justice, car vous êtes trois fois assassin. Un ange vous protège, mais vous êtes ici chez moi, je vous ferai chasser, du moins, par les soldats sous mes ordres.

Vaunoy fit un salut ironique.

—Mademoiselle ma soeur, dit-il, et vous, monsieur l'intendant, veuillez excuser notre entretien secret. Je vais, du reste, vous mettre au fait. Mon jeune cousin, pour premier acte de bonne parenté, me menace de me faire chasser de chez moi par les soldats de Sa Majesté.

—En vérité! répliqua Béchameil, il a donc droit?…

—Est-il possible! dit Mlle Olive, lui qui était si aimable hier soir!

—Il n'y a point entre nous de bonne parenté, monsieur, reprit Didier en faisant effort pour concentrer sa colère au-dedans de lui-même; je vous menace, en effet, de vous chasser, mais non pas de votre maison, car ce château est ma propriété.

—Pour ça, tu peux en faire serment, mon enfant chéri! murmura la dame Goton Rehou.

—Oui-da! s'écria Vaunoy en ricanant; vous croyez cela? Eh bien, mon jeune cousin, permettez que je m'absente une minute; le temps d'aller jusqu'à mon cabinet, et je reviendrai vous apprendre une foule de choses que vous paraissez ignorer.

Il sortit.