Didier ordonna et pria tour à tour, et longtemps en vain: mais un jour il eut la bonne inspiration de jurer devant Dieu et sur sa foi de gentilhomme breton qu'il n'aurait point d'autre femme que Marie.
Jean Blanc fut vaincu et céda: il fallait que Treml eût des héritiers.
Ce fut un beau jour que celui où Marie passa le seuil du bon château de La Tremlays. Le calme et la joie y entrèrent avec elle pour n'en plus sortir.
Elle n'apportait point d'écusson pour écarteler celui de Treml; mais à tout prendre, il y avait assez d'armoiries diverses sous les austères portraits des vieux maîtres de La Tremlays; aucune pièce héraldique n'y faisait défaut.
En revanche, d'ailleurs, parmi toutes les châtelaines qui respiraient sur la toile depuis des siècles le parfum de leurs bouquets toujours frais, pas une n'aurait pu disputer à la pauvre fille de la forêt le prix de la beauté, ni celui de la bonté.
À raison ou à tort, le capitaine comptait cela pour quelque chose.
Bien longtemps après, lorsque les enfants de Georges et de Marie couraient dans les taillis, guidés par la vieille Goton Rehou, il y avait au couvent de Saint-Aubin-du-Cormier une religieuse du nom de soeur Alix qui les guettait parfois au passage et les embrassait en souriant.
Car voici encore une erreur qui court les livres: on dit que les bien-aimées de l'époux Jésus perdent le sourire, c'est mentir. Elles aiment ardemment, donc elles sont heureuses—d'un bonheur qui va au-delà de la mort!
Quant à Hervé de Vaunoy, voici ce qui advint six mois après la rentrée de Georges en l'héritage de ses pères.
Vaunoy avait quitté La Tremlays pour se retirer à Rennes. Il fit demander à Georges la permission de prendre, dans le cabinet qu'il avait occupé au château, quelques objets à son usage.