XII
Dans la forêt
Les nouveaux venus étaient tous deux de haute taille et d'apparence robuste. Celui dont Pelo Rouan avait aperçu la figure était dans toute la force de la jeunesse, beau visage et merveilleusement tourné. L'autre avait sous son feutre une chevelure grise, et plus de soixante ans sur les épaules.
—Qui que vous soyez, dit Simonnet employant la digne formule armoricaine, vous êtes les bienvenus. Que demandez-vous?
Le plus jeune des deux étrangers rejeta son manteau sur le coude et montra l'uniforme de capitaine des soldats de la maréchaussée.
—Je veux parler à M. Hervé de Vaunoy, répondit-il.
—Le nouveau capitaine! chuchotèrent les serviteurs de La
Tremlays.
Renée, la servante normande de Mlle Alix, arrangea aussitôt les plis de sa robe; les autres femmes, moins bien apprises, se bornèrent à rougir immodérément.
Quant à Pelo Rouan, il gagna la porte sans bruit, après avoir échangé un second regard d'intelligence avec Yvon et Corentin.
—Ah! c'est lui qui est le nouveau capitaine? murmura-t-il lentement d'un air pensif.
Puis il s'enfonça dans les sentiers de la forêt.