—Gentilhomme! dit-il.

—Par votre mère!… voulut continuer Jude.

—Ma mère! dit encore le capitaine. Allons, mon garçon, tu tombes mal. Que viens-tu me parler de titres et de mère?… Mais je suis officier du roi, et cela vaut noblesse: tu auras mon aide, pour l'amour de Dieu.

—Merci! merci! s'écria Jude. En revanche, moi, je suis à vous, monsieur; à vous de tout coeur et tant qu'il vous plaira. Maintenant, veuillez vous détourner quelque peu de votre route; nous reviendrons ensemble au château.

Le capitaine suivit Jude aussitôt. Ils marchèrent un quart d'heure le long du chemin qui mène au bourg de Saint-Aubin-du-Cormier, puis Jude, tournant à gauche, s'enfonça dans un épais taillis. Au bout d'une centaine de pas, Didier arrêta son cheval.

—Où me mènes-tu? demanda-t-il.

—Au lieu où Nicolas Treml, mon maître, partant pour la cour de
Paris, a enfoui l'espoir et la fortune de sa race.

—Tu as grande confiance en moi?

Jude hésita un instant.

—Je vous confierais ma vie, dit-il enfin, mais le trésor de Treml n'est point à moi. Vous avez raison: mieux vaut que je sois seul à garder ce secret.