—On m'avait bien dit, reprit Robert, ce que je trouverais à Penhoël!... Mais certaines gens ont le bonheur d'être ainsi faits que, pour eux, la renommée est toujours au-dessous de la vérité... Peut-être ne dois-je pas rester en France bien longtemps désormais... Quoi qu'il en soit, j'aurai vu ce que d'autres cherchent en vain parfois toute leur vie... la maison d'un vrai gentilhomme!...
Penhoël rougit d'orgueil.
Robert tendit son assiette vide par-dessus son épaule, et Blaise la prit en poussant un gros soupir.
Robert se retourna vivement.
—Comment! s'écria-t-il avec une bonté charmante, c'est toi qui es là, mon pauvre garçon?
—J'ai voulu servir monsieur..., commença Blaise.
—Va-t'en bien vite! interrompit Robert. Madame, veuillez me pardonner, je vous en prie... mais Blaise est un domestique comme on n'en voit guère... J'ose réclamer pour lui une part des bontés dont vous voulez bien me combler.
Tout le monde, à commencer par le maître de Penhoël et Madame, sut gré à Robert de ce bon mouvement. Ce n'était pas seulement un homme d'une distinction rare, c'était encore un généreux cœur.
On éprouve un plaisir véritable à découvrir ainsi des qualités sérieuses chez l'homme qui a su plaire au premier aspect. Les jeunes filles et Madame remercièrent l'étranger du regard, et Blaise reconnaissant gagna l'office.
Le souper durait depuis vingt minutes, et il y avait bien une heure que Robert était entré à Penhoël; néanmoins, et malgré cette circonstance que Robert avait parlé, dans le bateau, d'une mission dont il était chargé pour le maître du manoir, aucune question ne lui avait été adressée.