C'était, à coup sûr, de la fine fleur d'hospitalité. Mais Robert ne l'appréciait point. Il eût préféré un empressement indiscret et curieux, parce qu'il avait son histoire toute prête.

Voyant, cependant, que la question ne venait point, il se résigna à prendre la parole.

—Vicomte, dit-il en tendant la main au maître de Penhoël avec un laisser-aller tout aimable, il ne me convient pas de me prévaloir de votre réserve, et je veux que vous sachiez, à tout le moins, le nom de l'hôte que le hasard vous envoie... Je m'appelle Robert de Blois.

Penhoël s'inclina.

—C'est un vieux nom breton, dit-il; vous devez connaître cela, mon oncle?

L'oncle Jean, comme presque tous les vieux gentilshommes de campagne, était un vivant armorial.

—Certes, répliqua-t-il, nous avons plusieurs familles... et sans parler de la maison ducale dont un membre porta ce nom, il y a les de Blois de Quimper et les de Blois de Moncontour...

—Ma famille était, en effet, originaire de basse Bretagne, reprit Robert; mais je ne puis prétendre qu'à une parenté bien éloignée avec les races honorables dont vous me parlez, monsieur... car mes pères habitent l'Amérique depuis fort longtemps déjà.

L'oncle Jean murmura en recueillant ses souvenirs.

—J'y suis!... ce doit être cela!... Un chevalier de Blois, du nom d'Émery, fut contraint d'émigrer lors de l'édit de Nantes...