Elles voyaient encore autre chose, et c'était bien étrange!
Robert de Blois, qui dansait toujours avec Blanche, se tournait de temps en temps vers Madame et lui faisait des signes.
Diane et Cyprienne avaient cru d'abord se tromper, mais il n'y avait plus à douter. Madame, à deux ou trois reprises différentes, avait répondu du regard et du geste aux signes de Robert de Blois, de l'homme dont la présence au manoir empoisonnait sa vie et menaçait l'avenir de son enfant!...
C'était inexplicable.
Mais le bal était charmant par cette chaude soirée, sous les arbres touffus. A part Diane et Cyprienne, personne ne s'inquiétait de ces petits mystères qui s'agitaient sourdement sous la surface tranquille de la vie du manoir.
Si la partie grave de la société prévoyait, nous allions dire espérait quelque malheur, c'était dans un avenir lointain encore. Le seul accident que l'on pût redouter ce soir, c'était quelque malencontreuse averse venant clore la fête au meilleur moment.
Aussi chacun tressaillit de surprise et d'effroi lorsqu'on entendit, au milieu du bal, un de ces cris plaintifs qu'arrache la souffrance soudaine et intolérable.
L'orchestre se tut; les danses cessèrent, et la galerie se leva d'un commun mouvement.
Tous les regards effrayés, ou seulement curieux, se portèrent à la fois vers l'endroit d'où la plainte était partie.
On vit Blanche de Penhoël, immobile et comme morte, étendue tout de son long sur l'herbe.