Robert salua. Blaise reprit:

—Pontalès est un bien beau château!... et si l'on y mettait le feu, les murs resteraient debout, car ils sont en bonne pierre de taille...

—Le feu? balbutia le marquis: qui vous fait parler ainsi?

—C'est encore une idée... une idée qui n'est pas de moi...

—Est-ce qu'il y aurait quelque complot?... demanda Pontalès d'une voix altérée.

—Oui, M. le marquis... répliqua Blaise avec ce sang-froid de comédien qui ouvre toutes grandes les oreilles du parterre, il y a un complot... et si vous ne vous dépêchez pas, je parierais contre vous pour les bons gars de Glénac et de Bains!

Pontalès essaya de sourire.

—Vous voulez nous effrayer, mon cher M. Blaise.... murmura-t-il.

—Voyons! dit Robert. Il ne s'agit pas de parler en énigmes!

—Je vais tâcher de me faire comprendre... Je vous ai dit bien souvent: «Prenez garde aux filles de l'oncle en sabots!... Elles vous joueront quelque méchant tour.» Vous répondiez: «Ce sont des enfants!...» Eh bien! ces enfants-là ont soulevé contre vous une véritable armée... Si vous aviez entendu, comme moi, ce qui se disait tout à l'heure sur l'aire, pendant le feu de joie!... Vous avez mis Penhoël bien bas, mais son nom a encore un prestige, car jeunes gens et vieillards parlent de mourir pour lui comme d'une chose toute simple!... Ils savent vaguement ce qui se passe... Ils prononcent votre nom, M. le marquis, le vôtre, M. Robert, et celui de Lola, qu'ils voudraient mettre en pièces... Pour en connaître si long, il faut qu'on les ait endoctrinés... Et qui a pu se charger de ce soin, sinon ces maudites enfants?...