Leur recherche s'était inutilement prolongée, et en revenant au salon de verdure, ils avaient l'espoir d'y retrouver Cyprienne et Diane.

—Elles ne sont pas là!... dit Roger avec un gros soupir. Deux heures d'absence au milieu d'un bal!...

La physionomie d'Étienne était mélancolique et pensive.

—Nous ne les reverrons pas ce soir... murmura-t-il, et il faut que je sois à Redon demain avant le jour... Je ne pourrai pas lui faire mes adieux... Veux-tu te charger auprès d'elle de mon dernier message?

—Avant de partir, répliqua Roger, tu peux encore la voir...

Le jeune peintre secoua la tête.

—Ce serait un moment cruel... dit-il, les heures de repos sont pour elles courtes et rares... Pourquoi les troubler?... Et puis, au moment de la séparation, je serais faible peut-être... Quand tu la verras, Roger, tu lui diras que je l'aimais... que je n'aimerai jamais une autre femme en ma vie... et qu'au prix de tout mon bonheur, je la voudrais voir heureuse...

Sa voix tremblait. Il y avait dans son accent une sensibilité profonde qui faisait contraste avec ses habitudes d'insouciance et la gaieté leste de sa philosophie parisienne.

Roger lui serra la main.

—Je lui dirai que tu es le plus loyal garçon qui soit au monde!... répondit-il. Je lui dirai que tu as la fortune peut-être au bout de tes pinceaux... et que, si Dieu bénit ton travail, tu reviendras en Bretagne afin de la prendre pour femme.