Parfois, elle croyait entrevoir le mot de l'énigme; mais c'était une chose si invraisemblable, si impossible!...

Diane repoussait la supposition accueillie; elle retombait au plus profond de ses doutes, et se retrouvait en face du problème insoluble.

Que croire? Rien, hélas! sinon que Madame, outre les douleurs qu'elles avaient déjà devinées, avait une autre torture plus mystérieuse encore, et qu'il ne fallait point espérer de guérir!...

Elles allaient la tête penchée; leurs mains s'étaient unies à leur insu, et bien qu'elles ne se parlassent point, leurs pensées se répondaient.

Au moment où elles arrivaient sous la partie des anciennes fortifications qui servait maintenant de terrasse aux jardins du manoir, elles s'arrêtèrent toutes deux d'un mouvement brusque et commun.

Elles prêtèrent l'oreille.

Des voix se faisaient entendre sur la terrasse, et quelques mots descendaient jusqu'à elles.

Elles relevèrent la tête. La saillie de la muraille leur cachait les illuminations du jardin; mais les mille feux allumés le long des allées mettaient un rayonnement dans l'atmosphère épaisse et lourde. Il y avait comme un fond lumineux derrière la ligne noire de la terrasse.

Sur ce fond, Cyprienne et Diane virent se détacher deux têtes connues. C'étaient Étienne et Roger qui poursuivaient là leur conversation entamée dans le jardin.

Nous savons que les noms des deux filles de l'oncle Jean revenaient bien souvent dans leur causerie. Diane et Cyprienne ne pouvaient saisir le sens des paroles, mais elles entendaient leurs noms prononcés, et toutes deux restaient.