Il disparut derrière l'enceinte de verdure, et Pontalès le suivit.

La nuit était noire. Sous les châtaigniers, le feuillage touffu rendait l'obscurité encore plus profonde. Sans cette circonstance, l'homme de loi et Pontalès auraient pu voir qu'ils étaient très-pâles tous les deux et qu'ils avaient l'air assez peu rassurés.

Malgré l'ombre épaisse, on distinguait vaguement la guérite et le banc, couvert d'herbe longue.

—Comme on se cacherait ici!... murmura le marquis d'une voix légèrement émue.

—Oh! oh! repartit Macrocéphale en tâchant de prendre un accent fanfaron, il me semble que votre voix tremble! Soyez tranquille!... le vieux Penhoël est bien mort... et du diable si les vivants ont l'idée de venir visiter son boudoir!...

Une feuille sèche vint à bruire sous le pied du marquis. Maître Protais le Hivain s'interrompit pour pousser un petit cri de frayeur.

—Avez-vous entendu?... demanda-t-il en retenant son souffle.

Pontalès avait reconnu que l'esplanade et la guérite étaient également désertes.

—Ma foi! reprit l'homme de loi honteux de son alerte, j'ai cru... il m'a semblé... Au fait, mon métier n'est pas d'être brave!... Maintenant que nous avons bien dûment inspecté les lieux, M. le marquis, je vote pour que nous retournions sur la voie publique.

—Et n'est-il pas possible, demanda Pontalès, d'arriver ici par un autre passage que la route?