Ils étaient rentrés sous le vestibule du manoir.

Au dehors, René, Marthe et l'oncle Jean descendaient la montée.

L'orage qui menaçait, depuis la brune, venait d'éclater enfin avec une soudaine violence; la pluie tombait à torrents.

—Ce sera une terrible nuit pour ceux qui n'ont point d'asile! murmura l'oncle Jean.

Marthe avait la tête nue, ses cheveux se collaient déjà ruisselants à ses tempes.

—Et nous n'avons pas d'asile!... dit René.

—Parmi les anciens fermiers de Penhoël..., commença Marthe.

—Il n'y faut pas songer, ma fille..., interrompit l'oncle Jean; ceux qui nous chassent n'ont rien oublié... Notre malheur se gagne, et l'hospitalité que nous irions demander à un pauvre homme serait une malédiction pour lui et sa famille.

La pluie et le vent redoublaient; les arbres du taillis étaient trop bas pour offrir la moindre protection. René s'arrêta.

—C'est par une nuit semblable, dit-il, que j'ai ouvert les portes du manoir à l'homme qui nous chasse aujourd'hui... Ne trouverai-je donc pas où abriter ma tête, moi qui n'ai jamais refusé l'hospitalité à personne?... Hormis à un, pourtant! se reprit-il tout bas.