Mais elle baissa les yeux, parce que ce premier regard n'avait pas éclairé tous les coins de la chambre, et que la jeune fille gardait une bonne part de sa frayeur.

Diane, immobile et pâle, avait l'air d'une victime qui attend.

Ses idées étaient autres et plus graves que celles de sa sœur; peut-être devinait-elle mieux la nature du danger et l'étendue du sacrifice...

La paupière de Cyprienne s'ouvrit une seconde fois, et ses narines s'enflèrent pour saisir toutes les effluves aromatiques que lui envoyait la table servie.

—Diane!... dit-elle tout bas.

Et comme sa sœur ne répondait point, elle lui secoua le bras doucement.

—Vois donc!... reprit-elle, il n'y a personne...

Les longs cils bruns de Diane se relevèrent, et son regard triste fit le tour de la chambre.

Sa poitrine oppressée rendit un soupir.

—Personne, répéta-t-elle; mais on va venir...