—Sens-tu ces viandes froides?... dit Cyprienne, nous n'en avions pas vu depuis le grand dîner de Penhoël!... Si nous y goûtions?
Diane ne répondit point.
Cyprienne fit une seconde fois le voyage, et mit deux blancs de faisan sur une assiette: mais, au retour, elle s'arrêta à moitié chemin.
—J'y pense..., dit-elle, nous serons mal là-bas... pourquoi ne resterions-nous pas auprès de la table?
Elle n'était plus si pâle, et son joli sourire mutin se montrait à demi, déjà, autour de sa lèvre.
Diane ne bougeait pas.
—Viens donc!... reprit Cyprienne; je te dis que nous serons mieux auprès de la table... Ce souper-là est à nous.
Ces derniers mots parurent produire une impression pénible sur Diane, qui tressaillit et leva les yeux au ciel.
Mais Cyprienne, tout entière à sa fantaisie, la prit par le bras et l'entraîna, bon gré mal gré, vers la table.
—C'est moi qui fais le ménage!... dit-elle en roulant deux siéges sur le tapis; commandez, mademoiselle... on vous servira.